Une idée, vite une idée de texte pour le message du Spoum. Aie aie aie, rien à l'horizon. Pas la moindre petite miette d'inspiration. L'angoisse de la page blanche. Un grand vent dans la cervelle, que dis-je, une bise de fin d'hiver, un petit bruissement de début de printemps ? Non, même pas un léger souffle. Rien. Le calme plat. Les neurones à l'arrêt. La cervelle en compote. Le ciboulot en déconfiture allégée.
Zut de zut, ça ne vient pas...
Pas de panique. Ton texte, il faut l'écrire. Il y a des gens qui attendent l'info pour le prochain spectacle, et la petite parenthèse farfelue qui précède l'info utile. Il faut bien vite trouver une idée, un sujet, un point de départ. Cette satanée parenthèse qui ne sert à rien, il va falloir la pondre, et vite !
Une poule, quand elle pond un oeuf, elle ne se prend pas le chou, elle pond, un point c'est tout. Ses copines, pareil, elles pondent...
Y a pas de raison, toi aussi, tu en es capable.
Je déraille ; l'inspiration, ce n'est pas une affaire de sphincters. Ca se passe plus haut. L'écriture, ça fait voyager !
Tiens en parlant d'oeuf et de voyage, Mooosieur Christophe Colomb, quand a-t-il eu eu l'idée de découvrir l'Amérique ?
Jamais ! Colomb, aussi simplement qu'une poule veut pondre son oeuf, rêvait d'Inde. Pas de poule.
C'est pourtant simple : ne pas penser au but, y aller. Après, on voit le résultat.
Mon Colomb, il ne s'est pas posé de question : et finalement, arrivé en Amérique, il y a trouvé des Indiens. Comme quoi, faut pas se tracasser. A un moment ou à un autre, tout rentre dans l'ordre.
Bon, je m'égare. Et je n'ai toujours pas trouvé mon sujet. Allez, une petite idée, une inspiration...
J'inspire, j'expire, j'inspire, j'espère...
Rien de rien, à force d'explorer, je vais finir par exploser. Tiens, comme mon prof de philo, en terminale : « Explose ton sujet puis développe ! ». C'est ça, oui, c'est ça. Me voilà en phase terminale et toujours pas la moindre petite idée de commencement de début.
Inspire, expire, est-ce pire ? L'un se tire pendant que l'autre se barre... Alain, c'est le pire pendant que l'autre se marre...
Ô désespoir, ô paresse ennemie ! Ne t'ais-je tant dévêtue que pour mieux suivre cette Fannie ?
Nul de nul, ça ne veut rien dire, il faut que je retourne à mes Racine plutôt que de bailler aux Corneille. Que ça te Blaise ou pas, Pascal la fin, tu auras toujours Malraux crâne. Eluard d'écrire, c'est pas d'écrire Rimbaud texte, il faut escalader la Montaigne sans tomber dans le Rousseau.
M'ouais ! Toujours rien à l'horizon, pas la moindre idée. Je laisse tomber.
La poule, elle peut être tranquille ; c'est pas encore aujourd'hui que je vais réussir à pondre mon oeuf littéraire.

(31 mai 2011)