Il y a des mots qui s'amusent à nous faire tourner la tête, à nous jouer des tours, selon leur écriture, selon la manière dont ils arrivent à nos oreilles.
Prenons le mot « tréteau ». C'est ce qui désigne habituellement le triangle de bois qui soutient le plateau d'une table. Pour les comédiens qui ont tendance à voir tout en grand, les tréteaux représentent la scène toute entière. Le théâtre de tréteaux est un théâtre populaire qui se déplace de ville en village. En général, le spectacle se termine très tard. Ce qui explique que les comédiens ont du mal à se lever très tôt.
Les mots nous réservent aussi quelques surprises avec leur orthographe.
« S'envoler » devrait prendre deux « L ». Avec deux ailes, c'est plus facile.
Par contre, « mutilation » ne prend qu'un seul « L » : on lui a coupé l'autre.
Le mot «prison » termine par « N » ; c'est souvent ce que ressentent ceux qui en sortent.
Le mot « haine » comme par H ; cela fait peur.
« Attention » devrait prendre un « S » à la place du troisième « T ». Quand quelqu'un crie « Attention ! », ça la fait monter à toute allure, la tension.
Pour « attentif », on ne change rien, vu que, à force de le rester, on aurait tendance à les perdre, ses cheveux.
« Voleur » devrait s'écrire « vol'heure ». La preuve : si quelqu'un vous demande l'heure et que vous la lui donner, croyez-vous qu'il songerait à vous la rendre ?
Dans un tout autre style, prenons l'expression « Minute papillon ! ». Ca ne va pas du tout ; un papillon n'a pas d'aiguille, il a des ailes.
« Cocotte minute », ca va un peu mieux. La poule, elle a des ailes, toutes petites, oui, mais elle caquette tout le temps à la manière des aiguilles d'une montre. On peut accepter.
Si la poule ne vole pas beaucoup ; la pie, si !
La pie, en voilà, un drôle d'oiseau : elle vole et en plus elle vole.
La pie vole mieux que la poule, mais moins bien que le coucou. Le bébé coucou ne vole pas encore qu'il pique déjà la place des autres oiseaux dans le nid.
Le coucou suisse, non, il ne vole pas ; il a des aiguilles.
Allez comprendre quelque chose !
Le banquier suisse, c'est l'inverse du coucou. Pas du coucou à aiguilles, non, parce qu'un Suisse, c'est toujours à l'heure. Le banquier suisse, c'est l'inverse du coucou de nos forêts. Au lieu de voler la place des oiseaux dans leur nid, il recueille les placements de drôles d'oiseaux voleurs. Et en plus, il le nie !
Il s'en lave les mains, le banquier suisse, puis il s'essuie. C'est le principe du blanchiment. On ne peut pas dire que le blanchiment, c'est du propre.
C'est curieux que l'argent sale fasse si bon ménage avec un pays où tout est si propre.
La « Fée du ménage », en Suisse, on l'appelle « Déesse du ménage ». Quand on rajoute des « S » à l'essuie-tout, ça fait « l'essuisse-tout » ou « tous les Suisses ». Voilà pourquoi les habitants de ce pays ont tous décidé d'être propres.
L'Helvétie ne fait pas des lanternes.
Non, elle fait le ménage et elle fait des gros sous. Des sous de dessous de table, propre, net, avec ou sans tréteaux.
Alors, comme dit la grenouille « Mieux vaut très tôt que têtard » !