Etes-vous tête en l'air ou pieds sur terre ? Quand on vous parle de perte de sens ou perte d'identité, que cela évoque-t-il pour vous ?
Une question philosophique sur la perte de repère de notre vie en société ?
La perte de votre carte d'identité et de votre carte bancaire au moment où vous alliez faire le plein d'essence ?
Laissons la première réponse aux philosophes et étudions la deuxième réponse, plus terre à terre mais qui concerne quelques uns parmi nous : l'étourderie et la fâcheuse habitude d'oublier par-ci par là, qui ses papiers, qui ses lunettes, qui son parapluie, qui son porte-monnaie, qui les quatre à la fois.

Dans ces moments là, je ne sais pas comment cela se passe pour vous mais pour moi, ça ne se passe pas trop mal. Ce qui est bizarre, c'est que je ne m'en étonne plus.
"De quoi, de quoi ?" allez-vous dire ?
Quand je perds quelque chose, par exemple mon sac avec tout dedans, chéquier, carte bancaire et tout le tintouin, ou bien les clefs de la maison, ou bien une écharpe, ou un bonnet (euh, non, pas vrai, je ne porte jamais de bonnet, j'ai le crâne trop chaud ; un bonnet, il ne faut pas rêver, j'ai déjà tellement de mal à supporter les cheveux !), donc disais-je, quand je perds quelque chose, je ne me tracasse pas et j'évite à tout prix de rechercher trop longtemps l'objet perdu. Parce que je sais qu'il n'est pas vraiment perdu. Il est juste égaré. Momentanément.
Agissant ainsi, sans paniquer, il y a de grandes chances qu'il me reviendra. Et c'est souvent ce qui arrive. Confiance, il faut faire confiance à l'objet perdu car il ne le restera pas longtemps.
Par contre, si j'insiste et me mets dans tous mes états pour remettre la main dessus, l'objet égaré s'éloigne, se cache, fait tout pour que je ne le retrouve pas.
Une très longue expérience de l'égarement m'a appris cela : ne jamais insister pour retrouver coûte que coûte ce satané objet disparu. Il faut laisser faire. Sinon, plus vous le chercher, plus il s'éloigne. L'objet perdu a la fâcheuse tendance à faire son "Médor". Ou son "Mirza". ("Z'avez pas vu Mirza, je le cherche partout, z'avez pas vu Mirza, il va me rendre fou !" chantait le regretté Nino F.)
Médor et Mirza, ce sont les deux modèles de chien les plus bêtes de la planète. Vous savez, le style de chien qui cavale dans la direction opposée, alors que son maître s'époumone pour lui faire comprendre qu'il est grand temps d'obéir. Peine perdue pour le maître s'il lui a donné une éducation à la mode "Médor" ou à la mode "Mirza" ! Il se promène avec la laisse d'un coté et le chien de l'autre.
Contrairement aux Médor et aux Mirza, les objets égarés n'ont reçu aucune éducation. C'est peut être aussi bien comme cela.
Notez bien qu'un objet perdu n'est pas plus, n'est pas moins civilisé qu'un objet resté sagement à vos cotés.
Attention : il ne faut surtout pas inverser les rôles. Ce n'est pas de sa faute, à l'objet perdu, si vous l'avez perdu. La faute d'inattention, ce n'est pas lui, c'est vous.
Voilà une bonne raison pour éviter de lui pester dessus. Ca le rend malade, ça lui donne envie de s'éloigner encore plus, de rester planqué dans sa cachette sans vous donner le moindre petit indice pour que vous le retrouviez. Si l'objet voulait vous aider, il pourrait dire "C'est tiède, ça chauffe, tu brûles !" Il ne le fait pas. Cela prouve bien qu'il préfère que vous le laissiez tranquille.
Suivez mon conseil : laissez passer un peu de temps. Ca peut durer plusieurs jours. Evitez d'y penser. Et vous verrez, un beau jour, l'objet égaré reviendra à vous, sans prévenir. Vous serez tout content, vous serez soulagé.
Attention : à ce moment là, n'en faites pas trop. L'objet retrouvé, bien qu'incapable de prendre la grosse tête, reste capable de reprendre la poudre d'escampette.